UCI race "Le Trophée d'Or" (FRA) cat2.2 August 24th-28th

UCI race "Le Trophée d'Or" (FRA) cat2.2 August 24th-28th

 

 

 

 

Please do excuse me for making an exception and writing this in french. I want my french friends who came to cheer for me during the race to understand how much their encouragements meant to me.

 

 

Voilà, j’écris en français pour tous ceux et celles qui sont venus m’encourager lors de mon dernier Trophée d’Or. Après une semaine plutôt stressante à composer en urgence une équipe mixte (vu que nos russes ont renoncé à un départ en dernière minute), heureusement, mon mari Marc est un expert de l’improvisation (parfois ça m’agace, mais souvent ça nous sauve) et il a réussi à trouver cinq filles pour prendre le départ. Au fil des jours cette équipe a été bien vite décimée : abandon de ma fille Trixy à la première étape et élimination par les temps à cette même étape de Martine Licker, chute sur la 3e étape de Mélanie Pette et abandon sur la 4e étape et enfin abandon sur chute à la 5e étape de l’australienne Amy Bradley. C’est donc finalement une Suzie bien solitaire qui a pris le départ de la dernière étape à Orval...

Avant le départ de la première étape, j’étais fort nerveuse, car j’étais en manque de pratique internationale (hormis les courses belges et le giro di Trentino qui n’est pas du tout ma tasse de thé, je n’ai pas pu participer à d’autres grandes courses...). J’avais pas mal de doutes sur ma capacité de suivre ce peloton de choix où il n’y avait peut-être pas la masse, mais certainement la classe au départ! C’est d’ailleurs ces doutes qui m’ont fait sauter après le premier GPM (en descente et dans le vent). Sous l’impulsion de l’équipe nationale russe, le peloton s’est terriblement étiré et comme je me trouvais trop à l’arrière, j’ai pu raccrocher deux fois après avoir été lâchée dans une bordure mais c’est à ce moment crucial que ma tête a lâché par manque de confiance et je me suis retrouvée à batailler contre les forces de la nature (vent violent pleine face). Par chance, j’ai trouvé compagnie pour ce combat et on a terminé à cinq filles à des éternités derrière les premières, mais heureusement encore bien dans les délais.

 

La deuxième étape était celle que je redoutais le plus (outre celle de Cosne avec la Perrière) vu que pour la première fois de ma vie, j’étais sur un vrai vélo de chrono que je n’ai pu essayer que sur deux brèves sorties au courant de la semaine précédente. En plus, le fait que j’étais dans les premières à partir (le retour tardif après la 1ère étape m’avait laissé très peu de temps de récupération) ne m’avantageait pas vraiment. Je n’avais donc vraiment rien à perdre et j’ai attaqué ce chrono sans aucune ambition. Et finalement cela m’a bien réussi, j’ai eu la chance de rattraper assez vite la concurrente partie une minute avant moi, je ne me suis pas mise dans le rouge dès le départ, j’ai bien négocié mes virages (merci à mon chéri Marc qui usait ses cordes vocales en me suivant) et je termine meilleure de mon équipe, 68e en tout à moins de 4’ de la championne du monde Marianne Vos qui gagne l’étape.

 

L’après-midi de ce même jour où se courait le chrono on avait au menu une deuxième étape de 78km au profil peu accidenté, un parcours de 26km à effectuer 3 fois et qui présentait l’avantage de bien connaître les difficultés après le premier tour. C’était un terrain qui me convenait parfaitement (genre courses belges) et la pluie, légère au début et bien forte par après, jouait également en ma faveur. Par la pratique hivernale du cyclocross, j’ai appris à bien maîtriser mon vélo dans les situations délicates. J’étais aux avant postes pendant toute la course évitant ainsi toutes les chutes et bien confiante pour le sprint final, mais à moins de 10km de l’arrivée : crevaison…. Je voyais déjà toutes mes chances de terminer avec le peloton s’envoler, mais par chance, Marc a réussi à me dépanner en un temps record. Comme il pleuvait à torrents, le peloton roulait un peu moins vite que d’habitude dans le final et à 2km de l’arrivée me revoilà dans les roues. J’ai même réussi à me placer assez bien à l’avant, mais mon retour rapide m’a couté bien des forces qui m’ont manqué pour le sprint. Résultat : une 34e place, pas trop mal vu mes tribulations sur le final.

 

Puis vînt l’étape tellement redoutée dans le Sancerrois. À 10’ du départ alors que j’étais partie contrôler les vitesses sur mon vélo, voilà que j’ai failli tomber du vélo, car ma chaine s’était bloquée entre les rayons et la cassette. J’ai réussi à ne pas tomber, mais la chaine ne voulait plus sortir. Que faire ? J ‘étais à 500m du départ et il n’y avait personne pour m’aider…. Alors j’ai décidé de faire comme au cross: les chaussures à la main, le vélo sur l’épaule, j’ai couru jusqu’à ma voiture sous les regards étonnés des spectateurs et de mes collègues qui attendaient déjà le départ sur la ligne.

L’échauffement avait dû être efficace, car j’arrivais bien à suivre les attaques qui ont fusé dès les premiers mètres, causant déjà pas mal de dégats à l’arrière du peloton. Puis sont arrivés les côtes : j’ai réussi à bien passer le petit Graveron, mais j’ai dû lâcher prise dans la côte de Bué, essayant de revenir dans la descente, mais vu les routes étroites et les voitures suiveuses qui gênaient, je n’ai plus réussi. Dans le Graveron, j’ai accroché un petit groupe de filles avec lequel j’ai réussi à passer les deux dernières bosses. Au fur et à mesure ce groupe s’étoffa : on rattrapait des filles tandis que certaines autres revenaient de l’arrière pour former finalement un peloton d’une bonne trentaine de filles. Les relais fonctionnaient bien et à l’entrée du circuit final, on rentrait sur le premier peloton. Il faut admettre que ce dernier avait été retardé par une barrière fermée qui avait ainsi joué en notre faveur. Le premier tour de ce circuit final s’est passé très bien, j’ai réussi à me placer aux avant postes à l’entrée du dernier tour. Malheureusement, le dernier tour s’est fait à 100 à l’heure et dans la dernière bosse à 3km de la ligne j’ai dû laisser filer le groupe terminant à une vingtaine de secondes de la queue de peloton dans un petit groupe de filles qui ont lâché avec moi. J’étais légèrement déçue, mais d’un autre côté, j’étais heureuse d’avoir terminée si bien cette étape que j’avais tant redoutée.

 

5e étape : la Septaine, rapide, mais exposée au vent, ressemblant aux courses belges que j’aime bien. Malgré l’étape dure de la veille, pas mal de filles avaient des fourmis dans les jambes et les attaques ont de nouveau fusé dès les premiers kilomètres laissant à la dérive déjà quelques concurrentes. Au début, j’avais quelques problèmes de me placer à l’avant du peloton, mais après qu’on a été arrêtées par un passage à niveau (décidément la SNCF s’obstinait contre le Trophée) je me suis placée en première partie de peloton. Malheureusement, je n’ai pas trouvé l’ouverture lorsque le groupe d’échappées est parti. A l’arrière, l’équipe de Marianne (Vos) contrôlait et toutes les contres (j’en étais une) ont vite été repris de sorte que l’étape s’est terminé dans un sprint massif environ une minute derrière le petit groupe d’échappées. J’ai terminé 41e de cette étape, bien contente d’avoir réussi à défendre ma place dans ce peloton de choix.

 

La malheureuse Amy Bradly qui avait lourdement chuté sur cette étape

Dernière étape : plat de résistance avec 7 côtes, faudra s’accrocher pour survivre….

Belle récompense avant le départ : Marianne Vos m’offre un maillot jaune dédicacé au podium pour ma dernière participation au Trophée d’Or. Un grand merci à cette grande championne qui a su garder les pieds sur terre malgré ses énormes succès et est restée d’une simplicité et d’une gentillesse sans pareilles.

 

Dès le départ, il y avait la Nozière à grimper et après démarrèrent les hostilités, les filles attaquaient à tout bout de champ. Un premier groupe réussit à s’extirper, mais malheureusement l’équipe Cippolini, ayant décidé que ce n’était pas la bonne, faisait chasse. Après le passage au « Centre de la France » c’était le retour au status quo. Juste avant le deuxième Gpm, c’est bon groupe qui réussit à s’extirper du peloton. De nouveau, je me suis retrouvée trop loin à l’arrière du peloton et je me suis donc retrouvée à la dérive dans les voitures avec un bon nombre d’autres concurrentes.  A l’approche du premier passage au fer à cheval, on avait formé un petit groupe d’une quinzaine de filles, qui roulait de bon train sans pour autant avoir une chance de revenir sur le peloton. Comme c’était la dernière étape, l’important pour moi était de voir l’arrivée (sans me retrouver à la dérive toute seule) et de terminer mon dernier Trophée en beauté.  Mon seul regret sera donc cette foutue première étape que j’ai complètement ratée, ce qui m’a finalement empêchée de terminer avec moins de 30’ de retard sur la grande gagnante Marianne Vos.

 

Belle surprise également après l’arrivée: L’organisateur m’a remercié pour ma fidélité en me remettant un beau bouquet au podium. Merci beaucoup à tous mes amis du Berry, c’est promis je reviendrai en tant que bénévole en 2014 !